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La Gestalt-thérapie à Rennes : expérimenter de nouvelles façons d’être en relation

La Gestalt-thérapie est une psychothérapie centrée sur la relation et sur l’expérience vécue. Elle part d’un constat : très tôt, nous avons appris des manières de nous adapter aux autres, et certaines, utiles autrefois, nous coûtent aujourd’hui. Plutôt que de seulement chercher à comprendre, nous expérimentons, en séance, d’autres façons de faire.

Ce que nous avons appris

Dans chaque relation, nous faisons sans cesse de petits choix, le plus souvent sans nous en apercevoir : dire ou se taire, demander ou se débrouiller seul, s’imposer ou s’effacer, se rapprocher ou prendre de la distance. C’est la façon dont nous nous positionnons face à l’autre : où je m’arrête, ce que je laisse entrer et ce que je garde pour moi.

  • se faire discret pour ne pas déranger, quand l’ambiance familiale est tendue
  • ne compter que sur soi, parce que les adultes n’étaient pas toujours disponibles
  • réussir et se rendre utile pour être aimé, devenir « le bon élève »
  • faire rire ou s’effacer pour ne pas être rejeté
  • se tenir tranquille, serrer les dents, ne rien montrer
  • se priver de ce qui fait plaisir, se couper parce qu’il fallait être sage.

Ces manières de faire, d’être en relation se sont construites très tôt. Et à leur façon, elles ont été des stratégies créatives pour s’ajuster à son environnement, préserver sa sécurité, le lien aux parents etc…

Quand le pilote automatique reste enclenché

Le problème apparaît quand ces schémas appris continuent de s’appliquer de manière réflexe alors que la situation a changé. La personne qui a appris à tout porter seule continue à ne rien demander, à quarante ans, à des collègues qui seraient prêts à l’aider. Celle qui a appris à se taire pour éviter le conflit ne sait plus ce qu’elle veut. On ne choisit plus : on répète.

C’est souvent là que naissent l’épuisement, l’anxiété, les relations qui se rejouent de la même manière, le sentiment de passer à côté de sa vie. On peut très bien en comprendre l’origine sans que cela change quoi que ce soit. D’où l’intérêt de se demander moins pourquoi je suis ainsi que comment je m’y prends, au moment où cela se joue.

Mettre de la conscience et expérimenter du nouveau

Une relation vivante, un espace pour essayer autre chose

La Gestalt accorde une grande place à la relation entre le.la patient.e et le thérapeute.  Je ne suis pas un observateur neutre : je suis présent, attentif, et je dis ce que je perçois. La Gestalt vise à développer la conscience (awareness) de l’expérience présente («l’ici et maintenant »), notamment dans ses dimensions émotionnelles et corporelles bien souvent inhibées. Elle est moins focalisée sur la recherche du “pourquoi”, que sur l’exporation du “comment” dans le présent.

Le thérapeute cherche à développer chez le client ses qualités d’écoute de ce qu’il est, de ce qu’il vit au plan émotionnel, cognitif, corporel, spirituel.

C’est dans cette circulation – entre tête, coeur et corps – accompagnée par le thérapeute qu’émerge la prise de conscience des mécanismes  qui nous poussent à des conduites répétitives qui brident la satisfaction de nos besoins fondamentaux.

Cette manière de travailler surprend souvent au début, et c’est normal : elle se comprend en la vivant, plus qu’en l’expliquant. Les premières séances en donnent déjà une idée.

Expérimenter du nouveau

Concrètement, je vous propose des expériences, toujours à votre rythme, jamais imposées :

  • dire à voix haute, ici, ce que vous n’avez jamais dit à une personne, face à une chaise vide ;
  • remarquer une tension et lui donner la parole : que dirait cette gorge serrée ?
  • essayer, par une courte mise en situation, un petit « non » ou une demande,
  • exagérer un geste, ralentir une phrase, changer de position, pour voir ce qui se passe.

Ces expériences ne sont pas des exercices de développement personnel. Ce sont de petits essais, dans un cadre sûr, qui permettent de reconnaître ce qui passe en nous et d’éprouver d’autres façons de faire, de réagir …

D’où vient la Gestalt-thérapie

Elle a été élaborée à partir des années 1940 par Frederick et Laura Perls, avec Paul Goodman, en rupture avec la psychanalyse de l’époque. Elle s’est nourrie des approches psychocorporelles, de l’existentialisme et de philosophies orientales comme le zen. « Gestalt » vient de l’allemand et désigne une forme, un tout : on prononce « guechtalte ».

A l’origine, elle a émergé en rupture avec la psychanalyse de l’époque. En psychanalyse, on se concentre sur l’intra-psychique, l’inconscient : Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur de la personne ? Quel est le lien avec son histoire qui explique ses symptômes, les souffrances qu’elle rencontre ?. La gestalt-thérapie prend ses distances avec cette perspective.
Elle regarde la personne comme un être en interaction avec son environnement (familial, social, professionnel). Elle explore comment la personne est en  relation avec les autres et comment elle s’ajuste ( avec bonheur ou souffrance) aux évolutions de cet environnement.

Elle s’est nourrie des approches psycho-corporelles, de l’existentialisme ou des philosophies orientales comme le zen.

C’est aujourd’hui une méthode largement reconnue, une des plus répandues du courant des thérapies humanistes.

Quelle différence avec la psychanalyse ?

La psychanalyse explore surtout l’histoire et l’inconscient par la parole, avec un thérapeute neutre. En Gestalt, nous ne travaillons pas avec la notion d’insconscient. Nous travaillons à amener de l’awareness (conscience) de ce qui se vit dans l’ici et maintenant du cabinet sur tous les plans : cognitif, affectif, sensoriel, moteur et relationnel. Le thérapeute est impliqué dans la relation. Il peut partager une partie de son vécu, faire miroir de ce qu’il observe ( dans une posture, un façon de respirer…), proposer de petites expérimentations pour approfondir la conscience de ce qui est présent pour le.la client.e

Est-ce seulement une thérapie du ressenti ?

Non. Ressentir et mettre de la conscience font partie du processus et sont en soi thérapeutique mais l’intention est portée sur l’expérimentation de nouvelles façons de faire séance, pour les vivre ensuite dans son quotidien.

Quelles différences avec les TCC ?

Les TCC cherchent à identifier et modifier les pensées, comportements et croyances limitantes afin de réduire la souffrance psychique. La Gestalt ne cherche pas à “corriger” le patient mais à soutenir une expérience relationnelle authentique et transformatrice. La relation thérapeutique est essentielle au travail thérapeutique.
Le thérapeute TCC adopte davantage une posture d’expert actif, tandis que le gestalt-thérapeute s’engage dans une relation plus sensible, expérientielle et co-construite.
Les deux approches peuvent être complémentaires selon les besoins, les attentes et la singularité de chaque personne.